Brownie Brown, 2007
1 - 6 joueurs.
Magical Starsign s'inscrit dans la lignée de
Magical Vacation, un RPG de la Game Boy Advance sorti uniquement au Japon. Heureusement, le
nouveau soft de Brownie Brown, lui, pointe le bout de son nez sur le Vieux Continent, ce qui nous permet de profiter pleinement de son univers particulièrement enlevé et original.
Magical
Starsign se range du côté des RPG/Aventure, car les combats y sont à arrivée aléatoire et se gèrent au tour par tour.
Au tout début, on nous laisse choisir si l'on souhaite incarner un garçon ou une fille, et si l'on préfère être affilié au jour ou à la nuit. Tout commence
dans une salle de classe de l'école de magie Edgar Simor ; vous écoutez attentivement le cours du professeur Mlle Madeleine quand soudain, elle se fait convoquer dans le bureau du directeur. Vous
et vos cinq copains la suivez discrètement, et vous découvrez que le directeur souhaite envoyer Mlle Madeleine en mission sur Puffoon, la planète du Vent. Avant de partir, elle enseigne à votre
bande de copains l'art du combat (prétexte à un petit didacticiel, pas désagréable). En essayant de suivre votre prof adorée, vos six persos ont chacun volé une des fusées de l'école mais, ne
sachant pas maîtriser ces engins, vous vous êtes éparpillés aux quatre coins de la galaxie ! Vous et votre copine Lassi atterrissez sur Erd, la planète de la Terre. Vous devez réunir votre équipe
en visitant toutes les planètes du système et élucider l'affaire Mlle Madeleine. L'investigation commence...
Tout ceci en moins de 30 minutes ; l'aventure démarre réellement sur les chapeaux de roue. On notera par ailleurs l'intégration de séquences cinématiques
discrètes, mais en trois dimensions s'il vous plaît, pour illustrer les voyages interplanétaires. Dès le début, on constate que le système de combat est très riche, car il tient compte entre
autres... de l'astrologie ! En effet, la galaxie se compose de cinq planètes (liées respectivement aux éléments que sont la Terre, l'Eau, le Feu, le Bois et le Vent) se déplaçant sur des orbites
concentriques. En outre, la galaxie est également divisée en cinq parties affiliées chacune à un élément. Lorsqu'une planète se situe dans sa zone consacrée, toutes les créatures liées à cet
élément verront leur puissance magique s'accroître. Vous me suivez ? Ceci est valable aussi bien pour votre équipe que pour les ennemis. Quant à votre personnage principal, ses pouvoirs ne sont
pas régis par le mouvement des planètes mais par l'alternance du jour et de la nuit. Et ce n'est pas tout ! A l'instar de certains
Final Fantasy, vos coéquipiers sont situés sur deux
fronts : un à l'avant, l'autre à l'arrière. Les sortilèges lancés par les personnages à l'arrière affectent tous les ennemis, mais en revanche, ils ne peuvent envisager d'attaque physique... et
tout ça demeure aussi vrai chez vos adversaires ! Les combats constituent donc l'un des points forts du jeu : la dimension tactique est mise en avant, et de nombreuses possibilités, stratégies et
astuces, sont autorisées.
Observez consciencieusement le mouvement
des planètes du système.
Si l'une d'entre elles se trouve dans sa zone réservée, sachez que les pouvoirs
de votre équipier qui maîtrise l'élément correpondant seront décuplés.
Prenez garde aux ennemis qui seraient eux aussi affiliés à cet élément !
Les qualités graphiques du soft ne sont pas en reste, loin de là ! On aurait espéré davantage de détails, mais le rendu visuel est honnête et fait preuve de
recherche et d'originalité. Les planètes ont un aspect improbable pour des planètes, les sprites sont variés et rappellent, par certains traits de caractère, des personnages et créatures de
la saga des
Seiken Densetsu (dont l'indétrônable
Secret of Mana sur Super Nintendo). L'univers est de plus coloré, on n'en attendait pas moins. Au niveau musical, le contenu est
là aussi varié, quoique légèrement inégal. Certaines mélodies sortent du lot et accompagnent leur environnement de manière surprenante (la musique de la ville de Puffoon est vraiment étonnante).
Globalement, les musiques sont de bonne qualité ; et, si certaines d'entre elles peuvent paraître un peu naïves, elles ont toujours une vraie personnalité. En clair, les atouts visuels et sonores
du jeu flatteront vos sens et rendront vos péripéties on ne peut plus agréables.
Enfin, il faut absolument préciser que dans ce jeu, TOUT se fait au stylet ! Sans exception ! Les déplacements, entièrement gérés par l'intermédiaire de
l'interface tactile, en dérouteront sans doute plus d'un au tout début, mais ils seront très vite assimilés et le joueur se surprendra à commander très précisément son personnage, au bout d'une
petite heure de jeu. Le double écran, autre apanage de la DS, est ici utilisé à merveille : quand il ne sert pas à afficher une carte des environs, il se révèle indispensable pour montrer les
jolis minois des ennemis un peu trop grands lors des combats, ou pour vous offrir un aperçu de la position des planètes du système, pour que vous puissiez vous informer sur les éléments dont la
puissance sera bientôt décuplée. L'écran supérieur sert également à afficher une deuxième fenêtre dans les menus d'inventaire et de statut, ce qui en facilite l'emploi. Il ne fait aucun doute que
Magical Starsign se pose là en matière d'ergonomie : il a le grand mérite d'exploiter avec intelligence les ressources propres à son support. Autre aspect important : l'humour et
l'autodérision sont omniprésents (toutefois dans une moindre mesure que dans les
Mario & Luigi sur GBA et DS). Les comiques de situation ne manquent pas et ponctuent agréablement
l'action. Les personnages eux-mêmes sont hilarants : ils portent des noms de repas ou d'aliments (et en français) ! L'un des premiers boss se nomme Maître Cassoulet !
Plutôt sympa, cette vue d'ensemble de la
planète sur l'écran du haut !
Le sablier indique la durée du jour ou de la nuit.
L'îcone en bas à gauche de l'écran tactile représente l'accès aux menus d'inventaire,
et l'étoile en haut à droite sert à modifier l'affichage de l'écran supérieur
(orbites des planètes, statut des personnages).
Une petite ombre au tableau est à signaler, cependant : après un atterrissage forcé sur Erd, la planète de la Terre, l'aventure continue sur le territoire
des taupes à pics. A ce moment-là, je dois avouer m'être assez ennuyé : les actions à effectuer sont archi-triviales, la progression est d'une linéarité trop contraignante, et surtout, on note la
cruelle absence d'une motivation valable. Notre léger périple dans les cavernes des fourmis belliqueuses n'est soutenu par aucune base scénaristique satisfaisante ; on se contente d'avancer, de
remporter quelques combats, et de faire un peu de level-up de crainte que le premier boss ne soit un peu trop balèze (ce qui, je vous rassure, est loin d'être le cas). Cela m'a fait très peur,
mais heureusement, la suite des événements sur la deuxième planète (Cassia, la planète de l'Eau) est bien plus percutante, et on trouve enfin une réelle motivation qui nous fait aller de l'avant
: l'arrivée des Pirates permet de lancer réellement l'intrigue. Passé ce cap, l'histoire devient réellement de plus en plus surprenante et captivante, et les défis du jeu ne tardent pas à se
montrer de plus en plus coriaces (surtout les boss : attention à ne pas les sous-estimer).
Au final, on se retrouve devant un jeu attachant, plein de saveur et d'idées pertinentes, quoique pas franchement révolutionnaire. Il présente toutefois une
personnalité authentique indéniable, des qualités humoristiques évidentes, ainsi qu'une jouabilité léchée, efficace et très agréable. Cependant, la dose d'humour est soit excessive, soit
insuffisante : certains joueurs y verront un horrible "n'importe quoi", tandis que d'autres auraient souhaité que ça aille encore plus loin ! Quoi qu'il en soit, le jeu ne laisse pas indifférent.
Passé un démarrage en demi-teinte et quelque peu fade, la sauce prend et, croyez-moi, l'aventure ne manque pas de piquant.
Joli, n'est-ce pas ? Au cours de
l'aventure, vous enchaînerez les situations les plus improbables,
et visiterez des endroits auquels vous ne vous attendrez absolument pas. Quel dépaysement !
Rendu visuel : 7,5/10
Bien qu'on ait déjà vu plus fin et plus détaillé,
Magical Starsign n'a absolument pas à rougir du petit émerveillement visuel qu'il nous propose. Les décors, les
personnages, le choix des couleurs et des formes, tout témoigne d'une grande recherche de style, et le résultat est pour le moins original.
Sons et musiques : 6,5/10
Ne vous attendez pas à des oeuvres lyriques magistrales, mais laissez-vous quand même enchanter par ces musiques guillerettes, charmantes, toutes empreintes d'une
vraie personnalité, quoique l'ensemble soit relativement hétérogène. Le thème de Puffoon est vraiment mignon, en voilà au moins un que vous pourrez garder en mémoire.
Gameplay : 8,5/10
Intelligent, commode et confortable, la jouabilité du soft est somme toute exemplaire. Elle s'assimile presque instantanément, et
n'en est pas moins précise et intuitive. Qui plus est, l'utilisation du double écran est très bien pensée, ce qui fait de Magical Starsign un must en matière de maniabilité.
Durée de vie : 8/10
Il m'a fallu une quarantaine d'heures pour voir le générique de fin, et pourtant je n'ai achevé aucune des deux principales quêtes annexes (tout ça à cause de
cette saleté de point de non-retour tout à la fin, grrr...). La durée de vie est bien plus que satisfaisante : vous n'êtes pas près de lâcher le jeu.
Les Pour :
- Un univers et une réalisation agréables et originaux.
- Une histoire prenante, et un ton humoristique et décalé.
- Des personnages aussi loufoques qu'attachants !
- Excellente ergonomie tout au stylet, parfaite adaptation à la DS.
- Un système de combats riche et intéressant.
- De bonnes idées (le gestion de l'astrologie).
- La difficulté est bien dosée.
- Très bonne durée de vie, quêtes secondaires sympas.
Les Contre :
- Tout le monde n'adhérera pas au style ni à l'humour du jeu.
- Le mode Multijoueur a peu d'intérêt.
- Faible nombre de sortilèges disponibles.
- Pas mal d'objets ne sont pas très utiles.
- Il y a un point de non-retour tout à la fin...
Nous voilà en présence d'un RPG bourré de surprises, à l'esprit enchanteur et complètement décalé. Il vous offrira une expérience longue, rafraîchissante, soutenue
par un gameplay intuitif et ingénieux. L'essayer, c'est l'adopter.
Ma note : 16/20
Derniers Commentaires